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Réponse aux godo  
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Cette lettre publiée en http://www.butsudo.net/AZI/Docs/Aux_Godos1.htm comporte un grand nombre de liens explicitant son contenu.

Les godo (enseignants AZI) de l'Association Zen Internationale, fondateur Taisen Deshimaru ont envoyé à de nombreux destinataires, sauf à celui qui est nommé, une lettre datée du 1er septembre 1999 par laquelle ils prétendent répondre aux questions graves sur l'AZI. Voir aussi les questions d'éclaircissement à poser aux responsables de dôjô et aux enseignants de l'AZI sur leur transmission, pratique et enseignements.

Thèmes de la lettre  Situation à l'AZI,   Mythologie,   Nouvelles questions,  Shiho de Deshimaru à Tamaki,   La crotte de SawakiSasakawaErreursL'AZI se discrédite,   Plus de Pas de temps à perdreAnnexe :  contacts, Notes.

 

Bruxelles le 07 nov. 1997

A l'attention de : Mmes et MM. les godo du temple de la Gendronnière : Roland Rech, Michel Bovay, Raphaël Triet, Philippe Coupey, Olivier Wang Genh, Alain Liebmann, Jean-Pierre Faure, Pierre Crépon, Evelyn de Smedt, Guy Mercier, Katia Robel.

 

Mesdames et Messieurs les godo,

votre texte daté du 1er septembre m'a été envoyé début octobre après que je l'ai réclamé à l'un de ses signataires, M. Faure. Bien que je figure comme destinataire, il ne m'a pas été envoyé et je ne l'ai de fait découvert que le 25 septembre 1999 sur la liste de discussion "Bouddhisme". De nombreuses personnes l'ont par contre reçu en copie. Voici mes commentaires de votre lettre reprise ici en texte intégral (italiques bleu foncé).

Envoyé de la Gendronnière, le 1 septembre 1999.
Monsieur Pelayo,
Il nous est très difficile de comprendre ce qui vous motive dans l’acharnement agressif que vous portez à discréditer l’AZI en utilisant et détournant toute information pouvant servir à votre projet.

[] Il s'est agi dans mes lettres et dans le débat public, de vous demander des prises de position en conformité avec la réalité et des éclaircissements sur la situation de l'AZI, organisation dont je suis membre. Cela concerne en particulier la situation d'affiliation de l'AZI au zen sôtô et donc ses rapports avec la Sôtôshu (école sôtô) puisque l'AZI se revendique sôtô.

Vous trouverez en annexe, pour mémoire, le rappel de mes prises de contact avec les dirigeants de l'AZI et ce qui les a motivées. Je note que si vous demandez toujours la motivation des demandes qui vous sont adressées, vous ne motivez par contre jamais vos décisions, ni vos absences de réponses spécifiques aux questions posées.

En bref je demande qu'une série de faits soient établis, que l'AZI dise ce qu'elle fait et qu'elle fasse ce qu'elle dit.

En outre je regrette profondément la dérive autoritaire et sectaire de l'AZI. Je vous invite à y remédier car elle est préjudiciable à ses membres, mais aussi dommageable pour la réputation du zen et du bouddhisme. Depuis quelques années en effet, l'AZI se revendique publiquement bouddhiste, en particulier à la télévision. Néanmoins nombre de ses responsables défendent l'idée que le zen de l'AZI n'est pas bouddhiste.

Qu'est-ce qu'il vous est donc "très difficile de comprendre" dans ce qui précède ?

Il est évident que vous cherchez à semer le doute en essayant absolument d’assombrir le passé de l’AZI et de son fondateur Maître Deshimaru.
[] Semer le doute est une expression qui fait partie du langage codé utilisé à l'AZI. Elle rejoint "ne doutez pas" et la pratique qui consiste à toujours renvoyer à ceux qui critiquent des remarques sur leur ego, en indiquant que son dysfonctionnement serait la source de la critique. Ces méthodes relèvent du "mind control" (1) évoqué dans le rapport de Ralf Halfmann, ex-responsable du dôjô AZI de Bonn.

Il est exact que je conteste la mythologie que vous avez créée. Vous prétendez par exemple que Deshimaru a "apporté le zen" en Occident ce qui est contraire à l'histoire (2). Le zen est en effet enseigné et pratiqué aux Etats-Unis depuis le début du siècle. En Europe l'arrivée des différentes traditions zen commence dès les années 1950 avec Karlfried Graf Durckheim. Des moines et prêtres chrétiens dont Enomiya Lassalle contribuent aussi à l'implantation en Europe de la pratique de la méditation zen. Aujourd'hui les traditions du zen sôtô, du zen vietnamien représenté par Thich Nhat Hahn, du zen rinzai, du zen coréen (son), de diverses formes de ch'an et du zen Sambo Kyodan sont aussi présentes sur notre continent.

Voilà pourquoi la notion de "vrai zen" que vous prétendez détenir, notamment sur votre site Internet, est particulièrement révélatrice d'une façon sectaire de présenter le zen. Il est aussi un fait incontestable que le zazen est pratiqué par toutes les écoles dérivées du ch'an et n'est pas le monopole de l'AZI.

Pour ce qui est du zen Sôtô dont vous vous réclamez, vous passez sous silence la présence de Ryotan Tokuda (kaikyoshi pour l'Europe) et Fumon Nakagawa, ainsi que celle de vos anciens condisciples, qui eux ont terminé leur cursus de moine auprès d'autres maîtres au Japon, Denis Robert, Francisco Villalba, Fausto Guareschi et Ludger Tenbreul. Ces six moines sont des enseignants officiels de la Sôtôshu, école sôtô japonaise (kaikyoshis ou dendokyoshis). Quels sont vos relations avec ces représentants de l'école sôtô ? Pourriez-vous concevoir d'inviter ces enseignants à diriger des sesshins ou des journées de zazen dans les dôjôs de l'AZI ?

Vous présentez Deshimaru comme le successeur de Kodo Sawaki, alors que celui-ci a eu des disciples très importants au Japon, dont son successeur au temple d'Antaji, Uchiyama. Kodo Sawaki n'a jamais donné la transmission du dharma (shiho) à Deshimaru. A sa mort en 1982, Deshimaru n'avait pas désigné de successeur parmi ses disciples d'origine européenne.

Selon M. Rech (conversation téléphonique, juillet 1999) il n'était pas concevable que la succession de Deshimaru fût assurée par le moine japonais Horyu Tamaki auquel Deshimaru avait donné le shiho, "secret de famille" que l'AZI a occulté jusqu'en juillet 1999. Trois successeurs, Roland Rech, Stéphane Thibaut (évincé en 1995, selon sa lettre de démission) et Etienne Zeissler (décédé) furent cooptés parmi les anciens disciples européens.

De même que Deshimaru n'avait pas de formation monacale, aucun des signataires de votre lettre, les enseignants de l'AZI dénommés godos, n'a poursuivi et terminé sa formation au Japon. Il n'y a pas donc pas de ministre des cultes à l'AZI. Pourtant la Sôtôshu consciente des difficultés rencontrées, a créé des sessions de formation spéciale pour les étrangers appelées "tokubetsu sesshin", suivies on vient de le voir, par d'anciens disciples de Deshimaru, lesquels sont, depuis et sans exception, hors de l'AZI.

 

Voici quelques mises au point :

[] Le terme de mise au point n'est pas justifié s'agissant d'une réponse vague et partielle à des questions spécifiques, d'autant plus que votre texte suscite plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Vous éludez totalement les questions suivantes.

1) Quand le Comité de l'AZI sera-t-il élu selon des modalités réellement démocratiques (cf. rapport Halfmann, le comité) ?

Qui est l'AZI ? Vous ? Le Comité ? Ses membres ? Qui détient le patrimoine de l'AZI ?

Quelle est la justification du financement de ce que l'on appelle le "temple" d'Olivier Wang-Genh par prélèvement d'autorité sur les fonds des dôjôs du sud-ouest de l'Allemagne ? Qui est propriétaire de ce temple ? Pourquoi l'un des responsables du dôjô de Heidelberg a-t-il été expulsé de ce dôjô ? Y-avait-il d'autres raisons que sa mise en doute de l'opportunité de ce financement ?

2) Pourquoi donnez-vous l'instruction à vos responsables de dôjôs de "ne pas laisser s'installer la critique" (lettre de Guy Mercier, signataire de votre lettre, aux responsables de dôjôs, 1998) ? N'est-il pas possible d'organiser un débat ouvert, incluant la critique dans les dôjôs de l'AZI ?

Pourquoi expulsez-vous ou laissez-vous expulser ceux qui posent les questions que je pose ici, contestent les procédures de financement douteuses ou organisent des sesshins (retraites) avec Stéphane Thibaut ?

3) Vous présentez la Gendronnière comme un temple. Pouvez-vous présenter un certificat de temple sôtô valide ? Vous savez que certaines règles doivent être respectées : il faut, par exemple, un abbé pour diriger un temple. Je vous renvoie aux Statuts de la Sôtôshu.

Les lignées indiquées sur les arbres généalogiques de la transmission du dharma (ketsumyaku) sont-elles correctes ? Comment Deshimaru et Sawaki peuvent-ils y figurer puisque la lignée de la transmission du dharma ne passe pas par eux ?

4) Qu'allez-vous faire pour corriger la dérive sectaire de l'AZI confirmée par l'inscription de l'Association Zen Internationale (IZA) sur la liste des "cults and groups of concern" de Steve Hassan (Freedom of Mind) ? Dans votre lettre même, apparaissent certaines modalités de mind control (1), émotionnel ou par usage d'un langage codé destiné à mettre fin à toute réflexion.

5) Pourquoi les débutants ne sont-ils pas clairement informés de la situation d'affiliation de l'AZI, de l'exclusivité de l'enseignement de Deshimaru et de la conception même de la notion de moine à l'AZI qui couvre en réalité des laïcs disposant d'un emploi et menant une vie ordinaire en société, à l'exception de quelques "permanents" séjournant à la Gendronnière.

6) Comment justifiez-vous la mainmise de l'AZI par l'intermédiaire de l'UBF, organisation dont la liste de membres n'est pas communiquée, sur la programmation de l'émission "Voix Bouddhistes" sur France 2 ? Comment expliquez-vous que l'AZI, 2.000 membres et 8.000 pratiquants selon vos chiffres, obtient environ 25% du temps d'antenne de la seule émission bouddhiste, alors que les bouddhistes sont estimés à 650.000 personnes en France ?

Je reviens sur les détails auxquels répond votre lettre à sa façon :

Horyu Tamaki n’a jamais eu la transmission de Maître Deshimaru. Pour le mettre au même niveau que les autres moines japonais qui le suivaient en France, Maître Deshimaru lui a remis un shiho formel qu’il lui a repris quelques semaines après, pour cause de mauvais comportement. Les certificats de ce shiho se trouvent en notre possession au temple de la Gendronnière.

[] Sur la question des shihos en général, je vous prie de bien vouloir publier une déclaration, à l'intention des membres de l'AZI et non pas des seuls responsables de dôjô, précisant la valeur des shihos et la situation exacte de la transmission Sawaki-Deshimaru.

La réponse de l'AZI véhiculée par Roland Rech a d'abord consisté à nier que Deshimaru avait transmis le shiho à Tamaki. Dans un deuxième temps, du fait de la confrontation avec des informations aisément vérifiables, M. Rech a admis en juillet 1999, lors d'une réunion au caractère secret, ne concernant que les responsables de dôjô, que ce shiho avait été donné. Dans votre lettre, si vous reconnaissez que le shiho a bien été donné vous essayez d'en minimiser l'importance en le présentant comme un shiho qui n'est pas une transmission.

Vous créez aussi la distinction entre un "shiho formel" (?) et un shiho, ce qui est une pure invention destinée à amortir la reconnaissance d'un shiho qui a été occulté avec soin pendant des années. Néanmoins, Horyu Tamaki était l'élève de Deshimaru ET en a reçu le shiho.

Par contre Roland Rech, Michel Bovay et Raphaël Triet ont reçu leurs shihos de maîtres japonais qui n'étaient pas leur maître personnel et qu'ils connaissaient à peine. Cela ne vous empêche pas de parler de "menju" à cet égard (cf. Shobogenzo de Dôgen, Menju) ni de présenter le shiho de Roland Rech comme une reconnaissance de succession à Taisen Deshimaru.

La doctrine de l'école sôtô concernant le shiho fut modifiée en 1703 sous l'impulsion de Manzan Dohaku et en 1875. Aujourd'hui, le shiho n'est plus une certification de l'éveil mais seulement l'une des premières étapes du cursus du moine sôtô. Il est normalement conféré trois ans après l'ordination. Des disciples non-éveillés peuvent devenir héritiers de lignées du dharma et 90.000 moines japonais ont le shiho. (3)

Cela ne vous empêche pas non plus de donner à entendre que les shihos donnés aux godos de l'AZI constituent une reconnaissance de la maîtrise. Selon Roland Rech, (conversation téléphonique, juillet 1999) ils seraient par nature différents de ceux donnés au Japon. Michel Bovay explique par exemple que les shihos sont "valides par le parcours de chacun".

L'AZI qui s'enorgueillit d'enseigner le vrai zen, n'hésite pas non plus à se lancer dans le grand écart qui consiste à dénigrer le zen sôtô japonais en le présentant comme dégénéré tout en recherchant sa confirmation en se faisant remettre des shihos (formels ?) par ses représentants.

Est-ce bien cohérent ? Vous comprendrez certainement que votre présentation de la situation sur ce point invite au questionnement voire au doute quant à la validité de vos propos.

Il n’y a jamais eu de financement quelconque de Sasakawa à Maître Deshimaru. Ses seules rencontres avec Maître Deshimaru étaient des visites d’ordre diplomatique, comme souvent des Japonais de passage à Paris le faisaient.
En ce qui concerne la conférence de Michel Bovay, donnée à la Gendronnière, il ne s’agit pas de Sasakawa mais de M. Yamada qui était venu dans l’intention de participer à la création d’un centre zen, ce qui n’a pas abouti. L’argent qu’il avait laissé correspondait tout simplement à un fuse (don) modeste que, selon la tradition japonaise, il est coutume de faire quand on visite un temple.

[] Selon les témoignages dont je dispose, Deshimaru avait la photo de Sasakawa sur sa table de nuit. Ce dernier aurait financé les débuts de la mission de Deshimaru. Selon les témoignages reçus, Michel Bovay a bel et bien expliqué comment Deshimaru aurait forcé la main à Sasakawa pour obtenir 1.4 millions de francs français destinés au financement de l'achat de la Gendronnière.

Sasakawa a été désigné comme criminel de guerre de classe A (crimes les plus graves). Conviendrez-vous que les "visites diplomatiques" de ce milliardaire japonais auprès d'un simple moine s'expliquent par une ancienne amitié au sein des milieux ultra-nationalistes japonais ? Le général Mazaki était un autre criminel de guerre ami de Deshimaru. Ce dernier écrit dans son autobiographie qu'au sortir de la guerre sa relation avec Mazaki par rapport à sa pratique du zen ont constitué pour lui de véritables koans, sans expliquer comment ces koans ont été résolus.

Maître Deshimaru (arts martiaux ou pas) a été réformé de l’armée pour myopie.

Dont acte.

Après la mort de Maître Deshimaru, l’AZI a conservé la Gendronnière et la propriété d’Avallon et les liquidités ont été distribuées légalement et équitablement entre les héritiers Deshimaru.

Est-il exact que "légalement" fait référence à ce qui fut une procédure assez délicate de répartition de l'héritage entre l'AZI et les héritiers de la famille Deshimaru ? Qu'en est-il du "trésor de guerre" de Deshimaru ? Les critiques de Stéphane Thibaut sur la dilapidation des fonds de l'AZI sont-elles justifiées ?

De 1946 à 1965, Maître Deshimaru a repris ses activités professionnelles au Japon pour subvenir aux besoins de sa famille, tout en continuant la pratique de zazen. A son arrivée en France en 1967, ce qui importait à ses disciples, c’est le grand moine zen qu’il était devenu et le précieux enseignement qu’il transmettait.

Une autre présentation moins avantageuse mais plus équilibrée vous amènerait à dire : Deshimaru, ordonné moine en 1965 à l'âge de 51 ans, amateur immodéré d'alcool et père de quatre enfants dont deux adultérins, était lié à des milieux ultra-nationalistes. Nous, ses disciples, le considérons comme un grand moine lorsqu'il arrive en France en 1967 même s'il n'a pas suivi le cursus monacal ni reçu la transmission (shiho) de Kodo Sawaki. De nombreux témoignages, dont celui de Stéphane Thibaut, rapportent aussi qu'il était autoritaire et manipulateur. Mais, Taisen Deshimaru disait aussi en toute honnêteté : "N'imitez pas mes mauvais côtés".

Notre président a bien répondu à votre lettre du 19 avril, du point de vue du Dharma, mais vous ne voulez pas en tenir compte. Visiblement, le Dharma vous intéresse peu, mais plutôt de chercher la saleté là où elle n’existe pas.

Cette dernière affirmation est une projection à la fois discourtoise, péremptoire et fausse. La réponse de M. Bovay m'enjoignait de ne plus poser de questions en recourant à une citation du Bouddha hors de propos. Elle s'intitulait "Dernière lettre à Pelayo" et ne répondait absolument pas aux questions posées, pas plus que cette lettre des godo.

Vous partez en guerre contre tout le monde : d’abord le dôjô de Bruxelles, ensuite l’AZB, puis l’AZI et maintenant Maître Deshimaru, sans compter ceux que vous avez menacés de traduire en justice. Kodo Sawaki aimait utiliser cette image d’un homme qui a une crotte sur son nez et, partout où il va, dit : "Ah, qu’est-ce que ça pue ici !"

[] Votre monde se réduit-il à l'AZI, ses dôjôs, son satellite belge (AZB) et Deshimaru ? "Partir en guerre" semble une expression assez caricaturale. Il est bien sûr plus facile de moquer ou dénigrer par des attaques ad hominem que de répondre de façon posée, spécifique et argumentée. La mise au banc des accusés de vos contradicteurs est une habitude désormais bien rôdée.

Voir en annexe les contacts pris depuis octobre 1998.

Je n'ai menacé personne nommément d'un recours en justice. Votre affirmation est un mensonge. Roland Rech m'a interdit de participer à ses sesshins (retraites) si je ne promettais pas que je ne poursuivrais pas l'AZI en justice. Il est clair que je ne ferai aucune promesse restreignant mes droits de citoyen.

Il est exact que j'ai déclaré que je ferai appel à la justice si nécessaire et que les propos diffamatoires sont passibles de sanctions pénales. Mme Nicole de Merkline (membre du Comité du dôjô de Bruxelles) a déclaré que "la lettre que j'ai adressée aux pratiquants est une diffamation" ce qui est repris dans le procès-verbal de la réunion de "conciliation" du 13 février 1999. M. Bovay affirme dans sa lettre du 1er avril 1999 que Ralf Halfmann diffame l'AZI. Pourriez-vous soutenir ces affirmations devant un tribunal ?

Dites-nous, comment vous arrangez-vous avec vos erreurs (volontaires ou pas) ?

[] Reconnaissez-vous vos erreurs en voulant m'en imputer ?

Vous vous dites mandaté par l’AZB dans votre requête d’informations contre l’AZI, alors que c’est faux.

Qu'est-ce exactement qu'une "requête d'informations contre l'AZI" ? J'ai simplement posé des questions et je voudrais que vous me donniez les réponses.

Ce que vous avancez là n'est que la version de Konrad Maquestieau, Président de l'AZB. En aparté celui-ci m'a dit lors de l'Assemblée générale de l'AZB du 17 avril 1999, que des questions seraient posées à M. Rech lors de la sesshin belge de mai et que dans l'intervalle je pouvais adresser une lettre à M. Rech avec les interrogations évoquées lors de cette réunion. Je lui ai demandé si je pouvais le faire au nom de l'Assemblée Générale de l'AZB. Il a répondu que oui, mais que ces questions seraient de toute façon posées en mai à M. Rech.

La crédibilité de M. Maquestieau serait plus grande si les décisions enregistrées au procès-verbal de l'Assemblée Générale de l'AZB du 17 avril 1999 étaient appliquées. Il a été décidé d'un entretien de conciliation avec médiateur entre Mme Rolin (responsable du dôjô de Bruxelles) et moi. L'AG a aussi décidé qu'un groupe de travail rédige un projet de réformes de l'AZB avec la participation de deux membres extérieurs au comité dont moi-même. Ces décisions ne sont pas suivies d'effet. Konrad Maquestieau raccroche le téléphone quand je l'appelle.

Vous dites que l’on n’a pas répondu à votre lettre du 19 avril alors que cela a été fait.

C'est faux. J'ai dit ou écrit que l'AZI n'a pas répondu aux questions posées ou que l'on attend des réponses aux questions posées. La première lettre de M. Bovay esquive les questions. Sa deuxième lettre est un sermon.

Vous citez des personnes dans votre liste (Butsudo) sans leur autorisation.

Quelles sont ces personnes et depuis quand faut-il demander une autorisation pour rapporter les propos de quelqu'un, a fortiori si cette personne exerce un rôle public ? Où est l'erreur ?

Vous citez des paroles de Maître M. Rech en déformant ses propos, notamment en parlant de l’absence de validité des ordinations, alors qu’il a simplement dit qu’elles n’étaient pas enregistrées à la Sôtôshu Shumucho, ce qui n’ôte rien à leur validité.

"Notamment" sous-entend que j'ai déformé plusieurs propos, je vous serai gré de me faire savoir lesquels avec plus de précision.

La question de la validité des ordinations est posée dans le contexte plus général d'une demande de cohérence. Si vous maintenez que vos ordinations sont valides, il faudra admettre que vous constituez une nouvelle école puisque les ordinations de l'AZI ne sont pas validées par la Sôtôshu, ce qu'a reconnu M. Rech.

Cela est dû entre autres au fait que personne à l'AZI n'a qualité pour conférer des ordinations au regard des règles de la Sôtôshu. Vous devez donc assumer les conséquences de votre refus de terminer vos formations au Japon : vous n'êtes pas des prêtres zen d'une école reconnue, vous ne pouvez ordonner personne moine sôtô.

J'estime que l'AZI est en rupture avec l'école sôtô et qu'elle ne représente pas une tradition authentique. Cette situation est néanmoins réformable et j'espère sincèrement que des solutions appropriées seront trouvées, par exemple opérer un rapprochement avec la Sôtôshu et faire terminer leurs formations sôtô aux enseignants de l'AZI.

Etc., etc.

Etc., etc. ne constitue pas un argument valide mais une insinuation qu'il y aurait d'autres "erreurs". Au vu des paragraphes précédents "etc." semble plutôt maigre.

Pour Bouddha, une des plus graves fautes était de jeter le discrédit sur le Dharma et le doute dans la sangha. A ce titre, vous devriez réfléchir aux conséquences de vos actes et garder présent à l’esprit votre engagement de moine.

[] Qui jette le discrédit sur l'AZI ? Celui qui soulève des questions ou ceux qui ont créé la situation de non-dits, autoritarisme, abus de pouvoir et rupture par rapport à la Sôtôshu ? Comme vous le savez, je me fonde sur la "Lettre à la Communauté bouddhique" pour légitimer moralement mon action qui consiste à dénoncer publiquement ce que vous n'avez pas voulu régler au plan interne.

Cette lettre signée par 22 enseignants bouddhistes occidentaux, suite à un séminaire avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama en 1993, traite en particulier de l'attitude à adopter vis-à-vis d'enseignants se réclamant du bouddhisme qui contreviennent à l'éthique bouddhiste en dépit des avertissements de leurs élèves. Il est conseillé à ceux-ci de dénoncer publiquement ces abus. Une réunion de suivi aura lieu en 2000 aux Etats-Unis.

Vos enseignements se résument à "le zen c'est zazen", et selon ce qui en est divulgué dans les dôjôs de l'AZI, ils seraient prétendument au-delà du bouddhisme. Dans la lettre aux responsables de dôjô déjà citée, M. Mercier rappelle que les enseignements de ces responsables de dôjô et de zazen doivent consister à "lire les kusen [discours pendant la période de méditation] de Deshimaru ou des godos".

Or dans les "kusen" et autres publications de l'AZI on peut apprendre que le zazen serait à la source de toutes les religions et permettrait de sauver l'humanité. Selon M. Rech, le bouddhisme n'est pas incompatible avec l'idée d'un Dieu (4) et selon Taisen Deshimaru, Dôgen n'était pas bouddhiste (5). Puisque tels sont vos enseignements et que ce sont les seuls dispensés à l'AZI, je vois mal comment j'aurais pu critiquer le dharma du bouddha en critiquant lesdits enseignements.

Il est donc injustifié de parler de jeter le discrédit sur le dharma en parlant de vos enseignements. N'est-il donc pas temps que vous cessiez de prendre le Bouddha, le Dharma et le Sangha en otage de vos actes et paroles et que vous balayiez devant votre propre porte ?

Nous ne désirons pas entretenir de correspondance avec vous car nous n’avons pas de temps à perdre.

[] Permettez-moi de penser que vous ne souhaitez pas répondre aux questions légitimes de vos membres parce qu'elles vous mettent dans l'embarras. Il n'est sans doute pas facile de justifier les abus, confections de mythes et confusions doctrinales évoqués ci-dessus. Pourtant selon l'article 12 des statuts de l'AZI, le Président est responsable vis-à-vis de ses membres. N'êtes vous pas redevables de comptes et d'explications à vos membres ?

Il existe pour nous tous de meilleurs moyens d’aider les autres. Cela ne semble pas être votre cas, nous le regrettons et ne pouvons qu’éprouver de la compassion pour vous, et nous prions pour la paix de votre esprit.

Une projection de plus qui met sérieusement en doute vos revendications à une quelconque maîtrise. Permettez-moi de penser que votre évocation de la compassion détonne par rapport au reste de votre discours. Merci néanmoins pour vos prières dont j'espère qu'elles contribueront aussi à la paix de votre esprit.

Permettez-moi de signaler qu'il est regrettable que vous ayez aussi peu de considération pour ceux qui, ayant mis leur confiance en vous en tant que maîtres et / ou responsables d'une association religieuse, ont été exclus de vos dôjôs et de vos associations ainsi que tous ceux qui n'arrivent pas à comprendre pourquoi vous ne leur dites pas simplement la vérité.

Concevez-vous que certains puissent en être ébranlés dans leur foi et leur pratique ? Puis-je vous demander de les laisser aussi bénéficier de vos prières et de votre compassion ?

Les godo (enseignants) du temple de la Gendronnière :
Roland Rech, Michel Bovay, Raphaël Triet, Philippe Coupey, Olivier Wang Genh, Alain Liebmann, Jean-Pierre Faure, Pierre Crépon, Evelyn de Smedt, Guy Mercier, Katia Robel.
 
P.S. Nous vous demandons bien évidemment de publier l’intégralité de cette lettre sur vos sites

Cet ordre, sans aucune marque de politesse, sera respecté afin de contribuer à dissiper les doutes dont je crois comprendre que vous êtes de fervents adversaires.

Salutations distinguées,

Jean-Charles Pelayo

 

Annexe : prises de contact avec les dirigeants du dôjô de Bruxelles, de l'AZB et de l'AZI

[]

1) Mes premières lettres ont fait suite aux élections irrégulièrement organisées à l'AZB (Association zen de Belgique, antenne de l'AZI) en octobre 1998. J'ai aussi demandé votre intercession suite aux abus de pouvoir de Mme Rolin, "responsable" du dôjô de Bruxelles.

Sans jamais communiquer directement avec moi, Mme Rolin m'a en effet soumis à l'automne 98 à un harcèlement de plusieurs semaines, suite à mon questionnement direct par courrier sur la situation à l'AZB. Elle a obtenu que je ne puisse plus participer à la séance d'initiation des débutants, que me soit signifiée une demande de "fermer" le site Internet de l'Union Bouddhique Belge que j'avais créé bénévolement avec l'accord de son Président et finalement mon expulsion du dôjô de Bruxelles. Mme Rolin a aussi répandu la rumeur insensée selon laquelle je l'aurais menacée de mort.

C'est in absentia que fut décidée mon expulsion du dôjô de Bruxelles, motivée par des mensonges sur la base du seul témoignage de Mme Rolin, ce qui a été reconnu par M. Rech. Au moins un des membres du Comité du dôjô de Bruxelles a voté mon expulsion sans être capable de m'identifier.

Par ailleurs, j'ai été insulté par oral par un membre du Comité du dôjô de Bruxelles qui porte le titre de dendoshi. J'ai été à de nombreuses reprises traité de menteur ou d'imposteur et accusé de diffamation par vos "disciples" et ceux de Deshimaru, aussi bien par oral que par écrit.

2) Aucune de mes interventions auprès du dôjô de Bruxelles, de l'AZB ou de l'AZI n'a abouti à une rectification bien que j'ai adressé entre octobre 98 et décembre 99 une dizaine de lettres, fax et courriers électroniques ainsi qu'un dossier de plus de vingt pages en cinq exemplaires à MM. Rech et Bovay, avec copie à l'AZI (Association Zen Internationale). Le bureau de l'AZI a délibéré dès novembre 1998 de ces deux affaires

En février 99, il m'a été proposé une réintégration au dôjô de Bruxelles. M. Rech et M. Bovay avaient en effet, selon J.P. Faure, donné l'instruction à Mme Rolin de me réintégrer au dôjô de Bruxelles et celle-ci inventa la condition préalable que je reconnaisse que je n'en avais pas respecté les règles. J'ai encore l'espoir que vous reconnaîtrez que cette condition crée une "double contrainte" inadmissible et constitue une transgression des préceptes de base par une personne qui se revendique enseignant et jouit des prérogatives de "responsable" de dôjô.

3) Ces affaires et la situation à l'AZI ont été débattues depuis mars 99 sur une liste de discussion électronique dénommée Butsudo qui traite du bouddhisme zen et, par extension, de l'AZI. Les messages diffusés sur Butsudo ont été suivis en partie par M. Rech et Mme Maïté X. du dôjô AZI de Paris. Vous savez sans doute que mes points de vue sont partagés par de nombreux intervenants témoins, universitaires, psychiatres et observateurs et que la publication le 25 septembre de votre lettre que je commente ici y a suscité l'indignation sans opposition.

Grâce aux messages échangés sur Butsudo, j'ai pu constater que les expulsions et les abus de pouvoir n'étaient pas un cas isolé mais correspondaient à une modalité de fonctionnement usuelle de l'Association Zen Internationale (AZI). Cela apparaît aussi à la lecture de la "Lettre aux responsables de dôjô" rédigée pour l'AZI par M. Guy Mercier

4) Les sites Butsudo et "Pratique du bouddhisme en Belgique", ainsi que les archives de la liste Butsudo qui ne sont accessibles qu'à ses membres, reprennent des textes et des commentaires sur ces questions, ce dont vous vous plaignez.

Ainsi donc, comme je l'ai dit à de multiples reprises par téléphone et de vive voix à MM. Rech, Bovay, Faure et Maquestieau, puisque les dirigeants de l'AZI ne souhaitent pas dialoguer, ce qu'ils indiquent clairement dans leur lettre du 1er septembre 1999, j'ai choisi de porter sur la place publique ces informations et ces questions afin de témoigner du fonctionnement de vos associations, pour mettre en garde le public et demander des réformes.

 

Notes

(1) Cf. "Combatting Cult Mind Control" de Steve Hassan et les critères d'évaluation qu'il y développe. (retour)

(2) Voir la bibliographie sur l'histoire du zen en Occident (retour)
L'AZI va plus loin que la seule revendication du vrai zen :

"Les gouvernements, les philosophies, l'éducation moderne, les religions vieilles ou nouvelles se trompent.../... nous qui connaissons Hishiryo sommes les seuls à avoir le recul et la sagesse nécessaires pour voir clairement les erreurs de notre époque et formuler les principes qui permettent de la transformer. "Il faut trouver un principe nouveau pour l'humanité. Notre groupe le peut, parce que vous revenez vraiment à la condition normale"".

Citations extraites du bulletin "Zen" de l'AZI, n° 37 du 1er trimestre 1982, article "1982 année de la non-peur" p. 1. Dans ce même bulletin figure p. 20 un tableau d'honneur (classement) des disciples par catégories (diamant, Golden A, Golden B, Golden C, Blue A, B et C, catégorie homme et catégorie femmes). La sortie du classement était toujours très attendue.

(3) Shiho : Cf. Bodiford, Dharma transmission in sôtô zen : Manzan Dohaku's reform movement in "Monumenta Nipponica", Volume 46, number 4, winter 1991 et Kenneth Kraft, "Le Zen Tradition et Transformation", ouvrage préfacé par Jacques Brosse, Christian de Barthillat 1993, notamment le chapitre 9) (retour)

(4) Dans un article de "Zen" (no. 70 / 1995), Roland Rech a écrit à propos du livre du pape "Entrez dans l'Espérance" (1994)

"Le bouddhisme n'est pas athée. Il ne nie pas Dieu créateur de l'univers il laisse chacun absolument libre de sa croyance à ce sujet, se tenant à l'écart de l'affirmation comme de la négation".

Pour une analyse du point de vue de Roland Rech par rapport aux critères de définition d'une doctrine bouddhiste, les sceaux du dharma, voir Jérôme Ducor, "Méthodes de l'exégèse bouddhiste" en http://www.ville-ge.ch/musinfo/ethg/ducor/cpe2.htm

(Retour)

(5) Maître Deshimaru, enseignement oral, édition intégrale, Tome 7, "Le zen de Dôgen, neuf textes" p. 47 :

"La religion de Dôgen diffère du bouddhisme et de toutes les religions selon lesquelles Dieu et nous sommes complètement différents, séparés et en dualité. Ils sont relatifs. Certes ils ne sont pas identiques ; mais Dôgen a pensé qu'en définitive, au niveau du satori, ils ne sont pas différents. Pourquoi ? Dans le satori il n'y a pas de substance, ku. Ku soku ze shiki. A partir de rien, de ku, les phénomènes apparaissent. Il n'y a pas de noumène, pas de substance. Bouddha n'a pas de substance. Les êtres sensibles n'ont pas de substance. Aussi à la fin sont-ils semblables. Bouddha peut devenir un être sensible. Tout devient Bouddha. Lorsque les êtres sensibles font zazen, ils sont Bouddha. Parfois Bouddha boit trop d'alcool…" Retour au texte

 

Page créée le 99-10-20    Dernière mise à jour : 17 Mar 2004 

 

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